Les gynécologues italiens ne veulent plus avorter

Dans un rapport adressé au Sénat, le Ministère de la santé dresse un état des lieux inquiétant pour les partisans des IVG. Au sud de la Botte et notamment en Basilicate et en Campanie, 85% des spécialistes croisent les bras devant les femmes qui réclament l’application de la loi. Dans le Latium, la région de Rome, 91% des gynécologues se déclarent objecteurs de conscience.

Prise entre l’enclume des objecteurs de conscience et le marteau du délai légal (90 jours), la plupart des Italiennes n’ont d’autre choix que de franchir la frontière. Certaines vont en Suisse, dans le canton des Grisons, d’autres en France ou en Grande-Bretagne. Moyennant 965 euros, le tarif appliqué dans le privé, elles ont droit à une anesthésie générale et à un bon suivi psychologique. Des conditions souvent inexistantes en Italie. Selon Marco Macri, gynécologue urgentiste et objecteur de conscience, le manque d’anesthésistes justifie partiellement le fait que certaines structures n’endorment pas leurs patientes. Pour la Laiga, l’association des médecins qui veillent à l’application de la loi 194, le droit à l’avortement pourrait ne plus être appliqué en Italie d’ici 2016.